Vous voyez plus de cheveux dans la douche, vos tempes reculent ou votre raie s'élargit ? Vous êtes probablement tombé(e) sur le terme DHT blocker (ou « bloqueur de DHT »). Il est partout : sur les flacons de compléments, dans les shampoings, dans les forums.
Le problème, c'est que le mot recouvre des choses très différentes. D'un côté, des médicaments sur ordonnance dont l'efficacité est solidement démontrée. De l'autre, des actifs naturels (saw palmetto, graines de courge, thé vert) dont les preuves sont réelles mais beaucoup plus modestes. Et au milieu, beaucoup de marketing.
Ce guide fait le tri. Vous allez comprendre ce qu'est la DHT, pourquoi elle peut faire tomber les cheveux chez l'homme comme chez la femme, ce que valent vraiment les options disponibles, comment choisir un complément et quelles précautions prendre. Sans promesse miracle. 📌
Notre méthode : nous n'avons pas mené d'essai nous-mêmes. Chaque affirmation sur l'efficacité renvoie à une étude publiée, listée en fin d'article avec son lien PubMed. Quand une étude est petite ou financée par un fabricant, nous le précisons.
DHT blocker : c'est quoi exactement ?
Un DHT blocker est une substance qui vise à réduire la production ou l'action de la dihydrotestostérone (DHT), une hormone dérivée de la testostérone.
La DHT est fabriquée grâce à une enzyme, la 5-alpha-réductase. Elle existe sous deux formes principales (type 1 et type 2), présentes notamment dans la peau, le cuir chevelu et la prostate. La plupart des bloqueurs de DHT agissent sur cette enzyme : moins de conversion, donc moins de DHT au niveau du follicule.
La DHT n'est pas une « mauvaise » hormone. Elle joue un rôle normal dans le développement masculin, la pilosité du corps et de la barbe. Le souci apparaît chez les personnes dont les follicules du cuir chevelu sont génétiquement sensibles à son action.
On distingue donc trois grandes familles de DHT blockers :
- Les médicaments : finastéride et dutastéride, sur prescription uniquement.
- Les compléments alimentaires : saw palmetto (Serenoa repens), huile de graines de courge, thé vert, souvent associés à du zinc et de la biotine.
- Les soins topiques : shampoings et sérums revendiquant une action « anti-DHT », avec des preuves généralement plus faibles.

Pourquoi la DHT fait-elle tomber les cheveux ?

La chute liée à la DHT porte un nom médical : l'alopécie androgénétique. C'est la forme de perte de cheveux progressive la plus fréquente chez l'homme, et elle concerne aussi beaucoup de femmes.
Selon la revue de Lolli et al. (Lolli 2017), elle résulte d'une interaction entre facteurs hormonaux et prédisposition génétique. Les androgènes, dont la DHT, agissent sur des follicules génétiquement sensibles et provoquent leur miniaturisation. La génétique en jeu est complexe : plusieurs gènes sont impliqués.
Concrètement, à chaque cycle, le cheveu repousse plus fin, plus court et moins pigmenté. La phase de pousse (anagène) raccourcit. À terme, certains follicules ne produisent plus qu'un duvet presque invisible.
Point important : avoir une chute hormonale ne veut pas dire avoir « trop » de testostérone. C'est surtout la sensibilité des follicules qui fait la différence. C'est pourquoi deux personnes avec le même taux d'hormones peuvent avoir des chevelures très différentes.
Comment savoir si votre chute est vraiment hormonale ?
Un DHT blocker n'a de sens que si la chute a une composante androgénétique. Or beaucoup de chutes ont d'autres causes.
Signes évocateurs d'une chute hormonale :
- Chez l'homme : recul des tempes (golfes), dégarnissement du sommet du crâne (vertex), installation progressive sur des années.
- Chez la femme : élargissement de la raie, perte de densité diffuse sur le dessus de la tête, ligne frontale souvent conservée.
- Des cheveux de plus en plus fins, et des antécédents familiaux.
Ce qui oriente vers une autre cause : une chute brutale et massive quelques mois après un stress, une maladie, un régime ou un accouchement (effluvium télogène), une chute saisonnière, des plaques sans cheveux, des démangeaisons ou des rougeurs.
Après une grossesse, par exemple, la chute est le plus souvent transitoire : notre comparatif chute des cheveux post-partum détaille les options adaptées.
En cas de chute brutale, en plaques ou qui persiste, consultez un médecin ou un dermatologue. Un bilan (fer, thyroïde, hormones chez la femme) peut révéler une cause qu'aucun complément ne corrigera.
Les DHT blockers médicamenteux : finastéride et dutastéride
Ce sont les bloqueurs de DHT les mieux étudiés. Ils ne sont disponibles que sur ordonnance : cette partie est informative, la décision revient à votre médecin.
Le finastéride
Le finastéride inhibe la 5-alpha-réductase de type 2. Dans les deux essais pivots publiés en 1998 (Kaufman 1998), 1 553 hommes ont reçu 1 mg par jour ou un placebo pendant un an, puis une partie a poursuivi en double aveugle une deuxième année.
Résultat : le finastéride a amélioré la chevelure selon toutes les méthodes d'évaluation, avec un gain d'environ 107 puis 138 cheveux par rapport au placebo sur une zone de 5,1 cm² au sommet du crâne, à 1 et 2 ans. Sous placebo, la chute continuait de progresser.
Le revers : des effets indésirables sexuels (baisse de libido, troubles de l'érection) sont décrits chez une minorité d'utilisateurs, et l'ANSM a renforcé l'information des patients sur ces risques ainsi que sur de possibles troubles psychiatriques. D'où l'importance d'un suivi médical.
Le dutastéride
Le dutastéride bloque les deux types de 5-alpha-réductase. Dans un essai randomisé de 24 semaines sur 416 hommes (Olsen 2006), il a augmenté le nombre de cheveux de façon dose-dépendante, et la dose de 2,5 mg s'est montrée supérieure au finastéride 5 mg.
En France, le dutastéride n'a pas d'autorisation de mise sur le marché dans l'alopécie : son usage y est hors AMM, sur décision médicale.
Et chez la femme ?
La revue Cochrane sur la chute féminine (van Zuuren 2016) conclut que le finastéride 1 mg n'a pas fait mieux que le placebo dans les essais disponibles (preuve de faible qualité). Il est par ailleurs contre-indiqué en cas de grossesse ou de projet de grossesse.
La même revue retient le minoxidil topique comme l'option la mieux documentée chez la femme. Attention : le minoxidil n'est pas un DHT blocker. Il agit sur la pousse et la circulation autour du follicule, pas sur la conversion hormonale.
Les bloqueurs de DHT naturels : ce que dit vraiment la science

C'est ici que les promesses s'emballent le plus. Voici les actifs les plus cités, classés selon le niveau de preuve chez l'humain.
| Actif | Action supposée | Meilleure preuve disponible | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Saw palmetto (Serenoa repens) | Inhibition de la 5-alpha-réductase | Revue systématique de 7 études (Evron 2020), essai comparatif au finastéride (Rossi 2012) | Modéré, prometteur |
| Huile de graines de courge | Effet anti-androgène suggéré | Un essai randomisé contre placebo, 76 hommes (Cho 2014) | Faible à modéré |
| Thé vert (EGCG) | Inhibition de la 5-alpha-réductase, effet sur les cellules du follicule | Études en laboratoire (Kwon 2007) | Faible (pas d'essai oral solide) |
| Ortie, romarin, lycopène, « aliments anti-DHT » | Variable | Surtout in vitro ou chez l'animal | Très faible |
Le saw palmetto, l'actif le plus étudié
La revue systématique d'Evron et al. (Evron 2020) a réuni 5 essais randomisés et 2 études de cohorte, avec des doses de 100 à 320 mg. Toutes allaient dans le sens d'un bénéfice, chez des personnes atteintes d'alopécie androgénétique ou d'effluvium télogène, avec une bonne tolérance.
Les auteurs restent prudents : les données de haute qualité manquent, et beaucoup de produits testés associaient le saw palmetto à d'autres actifs. Ils réclament des essais plus grands.
Dans l'essai de Rossi et al. (Rossi 2012), 100 hommes ont pris soit 320 mg de Serenoa repens, soit 1 mg de finastéride, pendant 2 ans. Une amélioration a été observée chez 38 % des patients sous saw palmetto, contre 68 % sous finastéride. L'étude était ouverte et sans placebo : le saw palmetto fait donc moins bien que le médicament, mais il n'est pas sans effet.
Pour le détail des études, des dosages et des effets indésirables, lisez notre guide dédié : saw palmetto et cheveux, ce que disent les études.
Les graines de courge
Dans un essai randomisé en double aveugle (Cho 2014), 76 hommes ont pris 400 mg d'huile de graines de courge par jour ou un placebo pendant 24 semaines. Le nombre de cheveux a augmenté de 40 % en moyenne dans le groupe traité, contre 10 % sous placebo.
C'est encourageant, mais il s'agit d'un essai unique et de petite taille. Il demande à être confirmé.
Le thé vert et l'EGCG
L'EGCG, principal polyphénol du thé vert, a stimulé la croissance de follicules humains cultivés en laboratoire et la prolifération des cellules de la papille dermique (Kwon 2007). C'est un mécanisme intéressant, mais pas une preuve d'efficacité en gélule chez l'humain.
Que disent les synthèses récentes ?
Une méta-analyse en réseau récente (Zhou 2025) a comparé 16 compléments dans 19 essais randomisés (1 658 patients). Plusieurs, dont l'huile de graines de courge et l'extrait de saw palmetto, ont fait mieux que le placebo sur certains critères, avec une bonne tolérance.
Les auteurs les présentent comme des compléments ou alternatives possibles aux traitements classiques, tout en soulignant la petite taille des études. C'est la bonne façon de les voir.
DHT blocker femme : ce qui change
La recherche « dht blocker femme » est fréquente, et pour cause : la chute hormonale féminine est sous-estimée. Mais elle ne se gère pas comme chez l'homme.
- Bilan d'abord : chez la femme, un trouble hormonal (syndrome des ovaires polykystiques, ménopause), une carence en fer ou un problème thyroïdien doivent être recherchés.
- Grossesse et allaitement : aucun DHT blocker, naturel ou médicamenteux, ne doit être pris. Agir sur les androgènes pendant la grossesse peut théoriquement perturber le développement d'un fœtus masculin.
- Côté médical, le dermatologue peut proposer du minoxidil ou, hors AMM, d'autres traitements anti-androgènes.
- Côté compléments, certains essais récents sur le saw palmetto ont inclus des femmes, mais les données restent limitées.
DHT blocker homme : quelle place à côté des traitements ?
Chez l'homme, soyons clairs : si votre objectif est l'efficacité maximale sur une calvitie qui progresse, les traitements médicaux restent la référence. Un complément ne les égale pas.
Un DHT blocker naturel peut en revanche intéresser si :
- votre chute est débutante et vous souhaitez agir tôt ;
- vous ne voulez pas, ou ne pouvez pas, prendre de médicament ;
- vous cherchez une approche progressive, en complément d'une bonne hygiène du cuir chevelu.
En revanche, n'associez jamais un complément anti-DHT au finastéride ou au dutastéride sans avis médical : vous cumuleriez deux actions sur la même voie.
Comment choisir un DHT blocker naturel ?

Face aux dizaines de formules du marché, voici les critères qui comptent vraiment :
- Un extrait de saw palmetto standardisé, avec un titrage en acides gras indiqué. Une simple poudre de baie n'est pas comparable aux extraits étudiés.
- Un dosage proche des études : autour de 320 mg d'extrait par jour dans l'essai de Rossi (Rossi 2012).
- Une composition transparente, dose par dose, et non un « complexe exclusif » sans quantités.
- Des nutriments ayant des allégations autorisées : le zinc et la biotine contribuent au maintien de cheveux normaux.
- Une durée de cure réaliste : au moins 3 mois, le temps d'un cycle de renouvellement.
- Des précautions clairement affichées : c'est un signe de sérieux.
Pour comparer plusieurs formules, consultez notre comparatif des meilleurs compléments cheveux.
Précautions et contre-indications
« Naturel » ne veut pas dire « sans risque ». Avant de prendre un bloqueur de DHT naturel :
- Grossesse, allaitement, projet de grossesse : à éviter.
- Traitement par finastéride ou dutastéride : ne pas associer.
- Troubles cardiaques (arythmie, hypertension), hyperthyroïdie, ulcère gastro-duodénal, traitement antidiabétique : contre-indications indiquées pour certaines formules contenant du thé vert ou du ginseng.
- Anticoagulants ou chirurgie prévue : demandez l'avis de votre médecin ou pharmacien.
- Thé vert : ne cumulez pas plusieurs compléments qui en contiennent. Des atteintes hépatiques rares ont été rapportées avec des extraits apportant de 140 à environ 1 000 mg d'EGCG par jour, et l'USP recommande de les prendre au cours d'un repas (Oketch-Rabah 2020).
Enfin, un complément ne remplace pas un diagnostic. Si la chute s'aggrave malgré une cure bien suivie, faites le point avec un professionnel de santé.
Notre recommandation : DHT Blocker de MakeMyMask
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Ce qui nous a convaincus, c'est la transparence de la formule :
- Serenoa repens 300 mg par jour, extrait titré à 45 % d'acides gras (équivalent 1 200 mg de plante selon la marque) : un dosage proche des 320 mg utilisés dans les études.
- Zinc bisglycinate et biotine : ils contribuent au maintien de cheveux normaux.
- Thé vert (60 mg d'extrait, dont 0,6 mg d'EGCG selon la marque) et ginseng en compléments de formule : des doses modestes, qui ne sont pas le moteur du produit.
- Un probiotique à souche identifiée, Lactobacillus acidophilus PBS066, ainsi que des vitamines B6 et D3.
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Précautions de la marque : déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'ulcère, de troubles cardiaques, d'hyperthyroïdie ou de traitement antidiabétique, et à ne pas associer au finastéride, au dutastéride ou à un autre complément contenant du thé vert.
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FAQ : vos questions sur les DHT blockers
Un DHT blocker, c'est quoi en une phrase ?
C'est un médicament, un complément ou un soin qui vise à freiner la transformation de la testostérone en DHT, l'hormone impliquée dans la miniaturisation des follicules en cas d'alopécie androgénétique.
Les DHT blockers naturels marchent-ils vraiment ? Quel avis ?
Les données sont encourageantes pour le saw palmetto et l'huile de graines de courge, mais issues d'études souvent petites (Evron 2020 ; Cho 2014). Notre avis : une option raisonnable pour une chute hormonale débutante, pas une solution miracle. Nous n'avons pas testé nous-mêmes ces produits sur la durée.
Un bloqueur de DHT naturel est-il aussi efficace que le finastéride ?
Non. Dans l'essai comparatif de Rossi et al., 38 % des hommes se sont améliorés sous saw palmetto contre 68 % sous finastéride (Rossi 2012). L'option naturelle est moins puissante, avec un profil de tolérance généralement favorable.
Une femme peut-elle prendre un DHT blocker ?
Oui, en dehors de la grossesse, de l'allaitement et d'un projet de grossesse, et idéalement après un bilan médical. La chute féminine a souvent plusieurs causes qu'il faut identifier avant de choisir.
En combien de temps voit-on des résultats ?
Il faut compter au moins 3 mois, souvent 6. Les essais sur les compléments ont duré de 24 semaines à 2 ans. Prenez des photos dans les mêmes conditions chaque mois pour juger objectivement.
Un DHT blocker naturel peut-il baisser la libido ?
Une baisse de libido figure parmi les effets indésirables rapportés avec le saw palmetto, mais ils restent rares et généralement légers. Si vous remarquez un changement, arrêtez et parlez-en à un médecin.
Peut-on associer un DHT blocker et du minoxidil ?
Le minoxidil n'agit pas sur la DHT, donc les deux approches sont différentes. MakeMyMask indique que son DHT Blocker peut s'utiliser avec une routine contenant du minoxidil. Demandez tout de même conseil à votre médecin si vous suivez un traitement.
Conclusion
Un DHT blocker n'est utile que si votre chute est réellement hormonale. Les médicaments (finastéride, dutastéride) restent les plus efficaces, mais ils relèvent d'une décision médicale.
Côté naturel, le saw palmetto est l'actif le mieux documenté, suivi de l'huile de graines de courge. Les résultats sont modestes, progressifs, et demandent au moins 3 mois de régularité.
Choisissez un extrait standardisé, bien dosé, avec une composition transparente, respectez les contre-indications, et consultez si la chute est brutale, en plaques ou persistante. C'est la meilleure façon de mettre toutes les chances de votre côté.
Références scientifiques
- Lolli, F. et al. (2017). Androgenetic alopecia: a review. Voir sur PubMed
- Kaufman, K.D. et al. (1998). Finasteride in the treatment of men with androgenetic alopecia. Finasteride Male Pattern Hair Loss Study Group. Voir sur PubMed
- Olsen, E.A. et al. (2006). The importance of dual 5alpha-reductase inhibition in the treatment of male pattern hair loss: results of a randomized placebo-controlled study of dutasteride versus finasteride. Voir sur PubMed
- van Zuuren, E.J. et al. (2016). Interventions for female pattern hair loss. Voir sur PubMed
- Evron, E. et al. (2020). Natural Hair Supplement: Friend or Foe? Saw Palmetto, a Systematic Review in Alopecia. Voir sur PubMed
- Rossi, A. et al. (2012). Comparitive effectiveness of finasteride vs Serenoa repens in male androgenetic alopecia: a two-year study. Voir sur PubMed
- Cho, Y.H. et al. (2014). Effect of pumpkin seed oil on hair growth in men with androgenetic alopecia: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Voir sur PubMed
- Kwon, O.S. et al. (2007). Human hair growth enhancement in vitro by green tea epigallocatechin-3-gallate (EGCG). Voir sur PubMed
- Zhou, L. et al. (2025). Effects of dietary supplements on androgenetic alopecia: a systematic review and network meta-analysis. Voir sur PubMed
- Oketch-Rabah, H.A. et al. (2020). United States Pharmacopeia (USP) comprehensive review of the hepatotoxicity of green tea extracts. Voir sur PubMed

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